confinement volontaire du roi

au dessus de la mêlée
La Fontaine reprenant Esope nous rappelle que le lion peut devenir fou à cause d'un moucheron.
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LE LION ET LE MOUCHERON 

Va-t-en, chétif Insecte, excrément de la terre.
            C'est en ces mots que le Lion
            Parlait un jour au Moucheron.
            L'autre lui déclara la guerre.
Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de Roi
            Me fasse peur ni me soucie?
            Un Bœuf est plus puissant que toi,
            Je le mène à ma fantaisie.
            À peine il achevait ces mots
            Que lui-même il sonna la charge,
            Fut le Trompette et le Héros.
            Dans l'abord il se met au large,
            Puis prend son temps, fond sur le cou
            Du Lion, qu'il rend presque fou.
Le Quadrupède écume, et son œil étincelle ;
Il rugit, on se cache, on tremble à l'environ ;
            Et cette alarme universelle
            Est l'ouvrage d'un Moucheron.
Un avorton de Mouche en cent lieux le harcelle,
Tantôt pique l'échine, et tantôt le museau,
            Tantôt entre au fond du naseau.
La rage alors se trouve à son faîte montée.
L'invisible ennemi triomphe, et rit de voir
Qu'il n'est griffe ni dent en la bête irritée
Qui de la mettre en sang ne fasse son devoir.
Le malheureux Lion se déchire lui-même,
Fait résonner sa queue à l'entour de ses flancs,
Bat l'air qui n'en peut mais, et sa fureur extrême
Le fatigue, l'abat ; le voilà sur les dents.
L'Insecte du combat se retire avec gloire :
Comme il sonna la charge, il sonne la victoire,
Va partout l'annoncer, et rencontre en chemin
            L'embuscade d'une Araignée :
            Il y rencontre aussi sa fin.
 Quelle chose par là nous peut être enseignée ?
J'en vois deux, dont l'une est qu'entre nos ennemis
Les plus à craindre sont souvent les plus petits ;
L'autre, qu'aux grands périls tel a pu se soustraire,
            Qui périt pour la moindre affaire. 
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ah ces mouches!

Cette fable est sans aucun doute toujours d'actualité. Pourtant certains lions semblent avoir appris à se prémunir en grimpant aux arbres pour échapper aux perfides insectes, qui sur terre ne leur laissent aucun répit. Où on t-ils pris l'idée? Est-ce le léopard qui leur mis la puce à l'oreille? Lui qui gracieusement arpente la souche des acacias et des arbres à saucisses pour aller se reposer à l'ombre du soleil de midi. Il grimpe avec aisance et descend comme si la gravité n'existait pas.
léopard perché
Les lions eux, parviennent à se percher avec beaucoup plus de peine. L'ascension est pénible et la descente non moins périlleuse. Pourtant une fois juchés dans l'inconfort des branches qui malmènent leurs corps massifs, ils semblent échapper aux harcèlements des insectes et sont protégés de la puissance du soleil. Le vent souffle comme un zéphyr, berçant une sieste prudente. Queue pendante dans le vide, c'est un moment de félicité, un confinement volontaire, loin de la fournaise au ras du sol.
inconfortable félicité

Quand le corps n'en peut plus de supporter la pression des branches sur la chair, il est temps de redescendre prudemment toutes griffes dehors pour éviter de glisser.
de retour sur terre

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