confinement au Serengeti

animaux migrateurs
Des bandes blanches et noires ponctuent par endroit la longue procession de corps à fourrure brune, cornus avec quelques rayures noires partant du garrot des gnous. Le noir et blanc appartient aux zèbres qui suivent, comme les gnous, la longue migration giratoire annuelle entre l'immense plaine du Serengeti en Tanzanie et celle du Masai Mara au Kenya.
Nous sommes à la mi-février dans le sud du Serengeti. Nous contemplons des heures durant plusieurs colonnes interminables d'animaux qui profitent de l'abondance d'herbe fraîche, en cette fin de saison des pluies, pour venir mettre bas avant de poursuivre leur mouvement immuable dicté par la recherche de nourriture. Ils sont confinés dans ce grand espace et semblent humblement exécuter leur mouvement instinctif.
migration des gnous en pause,  jamais seuls
Les gnous marchent ou galopent à la queue leu leu, en bon soldats qui ont peur de perdre le rang. Ils se sentent en sécurité dans la multitude du troupeau. Les zèbres, par contraste, sont plus éparpillés. On dit qu'ils ont le sens de l'orientation et que ce sont eux qui mènent le cortège démesuré de la migration. Les deux espèces semblent parfaitement à l'aise de voyager côte à côte.
Quand le moment du repos vient, on se regroupe entre soit. Les zèbres entre eux avec leurs petits. Les adultes étant souvent tête-bèche pour surveiller plus aisément ce qui ce passe tout autour. Les gnous se regroupent mâles et femelles séparés. Les femelles prenant soin de leurs petits selon leurs habitudes. Il y aurait plus d'un million et demi de gnous et deux cent cinquante mille zèbres.
Nous assistons à la naissance d'un bébé gnou au milieu de cette caravane interminable . La mère gnou s'arrête brièvement pour mettre bas et puis elle attend en regardant le jeune veau couché dans l'herbe. Sa fourrure est encore toute mouillée. Il doit se lever, découvrir en un instant la faculté de galoper pour suivre sa mère et le troupeau. Il pourra bien sûr téter, mais il faut d'abord qu'il s'habitue à se servir de ses jambes démesurées et encore frêles pour suivre le troupeau. S'il n'y arrive pas, sa mère devra le laisser derrière elle. Près d'un demi million de veaux naissent en deux ou trois semaines dans la grande plaine. C'est une affaire démesurée. Beaucoup de veaux périront dans le long voyage qu'est la migration. Si le veau perd sa mère dans le troupeau il pourra essayer de trouver une mère adoptive pour l'allaiter.
en marche dès la naissance
Notre veau finit par ce hisser sur ses pattes encore chancelantes et se met quasiment instantanément à galoper à la suite de sa mère qui l'encourage en le regardant. Il semble que galoper soit plus facile que de marcher. Le placenta de la mère pend toujours à son arrière train, tel une bourse remplie d'un liquide rouge sombre. Au bout de quelques instants, la mère confiante que son petit est en mesure de la suivre reprend le galop, c'est parti pour de nouvelles aventures circulaires. Les obstacles ne manqueront pas. Les moins vaillants y laisseront leur vie. Environ deux cent cinquante mille gnous périssent sur le trajet d'environ 800km qui les séparent du Masai-Mara.
bébé gnou échappant à une hyène
Une heure plus tôt, une hyène avait surgit de sa planque dans l'herbe et s'était lancée à la poursuite d'un jeune veau de manière opportuniste, sans réussir à l'atteindre. Il l'a échappé belle.
Le lendemain nous observons un veau solitaire qui avance sur le sable qui borde une étendue d'eau en appelant sa mère pas des geignements désespérés. Non loin de là des vautours s'affairent à nettoyer la carcasse d'un de ses congénères. En marge de la plaine, on trouve des zones boisées d'acacias qui attirent les girafes aux silhouettes élancées vers le ciel. C'est aussi là où vivent les singes et les oiseaux. Un oiseau secrétaire perché sur ces pattes longilignes, son long coup tendu en avant, inspecte les hautes herbes de ses petits yeux noirs en agitant la tête de manière saccadée et ainsi faisant bouger les longue plumes noires attachées sur l'arrière de sa tête comme un couronne punk.
Les phacochères fendent l'air de leur queue raidie comme une antenne de radio à mesure qu'ils courent d'un endroit à l'autre. Trois guépards mâles se reposent dans les herbes suite à une scéance de chasse.
Ainsi va la vie, à tours, belle, triste, cruelle et inexorable.
charognards

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