Rencontres dans le centre du Vietnam
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| en construction |
Un cigare indonésien de Sumatra en poche, j'atterris à Danang, un port au centre du Vietnam. Coïncidence? Danang est en marge de l'ancien royaume Cham, le Champa dont le peuple, originaire de Sumatra, migra au début du premier millénaire après JC dans le centre du Vietnam et s'étendit dans les pays voisins en préférant les zones montagneuses. Il est vingt heure, la nuit est d'encre et il fait encore 30 degrés.
Je prends une chambre des plus simples au dernier étage du Danang Hotel. Il y règne une chaleur infernale. Je pose mon sac à dos et mets en marche le climatiseur, qui ronronne comme un moteur de camion, avant de refermer la porte et de sortir pour une petite promenade à "l'air frais" le long du port sur la rivière Han. J’allume mon cigare dans la rue, ce qui n’a pas manqué d’attirer l’attention des gens sur le trottoir. Ils étaient d’humeur causante, d’une part pour pratiquer l’anglais ou le français mais aussi pour sonder l’opportunité de proposer un trajet en moto dans les environs. Je discute un moment avec Ban qui a 42 ans et deux enfants et qui parle parfaitement le français. On s’assoit à une table basse en plastique, celle d’un café improvisé sur le trottoir. Des types, visiblement pas du coin débarquent et me demande en russe si je suis Russe. Mon incompréhension les renseigne rapidement. L’un d’eux interpelle Ban d’un “vodka!” en lui montrant deux billets d’un dollar. Ban part avec sa moto au marché et revient un peu plus tard avec deux bouteilles de vodka de fabrication vietnamienne avec un sous-titrage en russe. Quatre gaillards, bientôt rejoints par un cinquième s’attablent à côté de nous. L’un d’eux commande des glaçons pour les toasts qui vont débuter. Je fais partie des invités. Un autre vide ses poches et tend une poignée de dông à Ban en lui faisant comprendre au moyen d’un dessin qu’il veut du raisin. Qu’à cela ne tienne, Ban enfourche sa moto et revient bientôt avec un sac plein de raisin. L’heure avance et les Russes me proposent de continuer la soirée sur leur bateau amarré dans le port à quelques encablures de là. Ils sont originaires de Vladivostok et reviennent d’une boucle qui les a menés à Rangoon, avant d’arriver à Danang et de repartir prochainement pour Hong Kong, Hokkaïdo et Vladivostok. Ils transportent un chargement de sable. Rossia, le mécanicien en charge des machines, me fait entrer dans sa cabine qui va servir de lieu de boisson. Il me montre des photos de sa femme et de son fils et me propose de garder une photo de lui en maillot en guise de souvenir. Nous échangeons plutôt nos adresses, au cas où! Il rapporte un poste énorme lecteur CD/cassette et nous passe les succès russes à la mode. Les toasts se suivent et ne se ressemblent pas. “Opa”/“cul sec”. Rossia me dédicace sa casquette Yankee et je lui offre la mienne. Il sort une pipe à herbe en bambou qui fait tousser comme des diables tous les marins. La vodka terminée, on commence une partie d’échec. Il fait gentiment durer le plaisir. Je n’ai pas jouer depuis longtemps et mon cerveau est embué par l’alcool. Echec et mat. Je ne suis pas surpris du résultat! Je décide de partir en regardant ma montre avec ostentation. Et puis il y a couvre-feu: à minuit les portes du port ferment jusqu’à cinq heures du matin. Les marins proposent quand même d’aller dans un karaoké pour voir des filles, danser et boire davantage. Je ne suis pas emballé par cette offre car je veux être en forme pour le reste du séjour. Pour eux, ça voudrait dire de passer la nuit dehors mais ça n’a pas l’air de les effrayer. Finalement nous nous séparons en se souhaitant le meilleur pour la vie.
Je retrouve ma chambre aussi fraîche qu’un après midi de canicule. Allongé sur le lit, j’ai l’impression d’être à la plage en plein midi pourtant je n’ai aucune envie de dormir avec le bruit de la climatisation et en prime d'attraper froid au milieu de la nuit. L’entraînement sans climatisation à Singapour n’aura pas été vain.
23 mai 2002 Danang - Hoi An
Six heures et demi, je suis réveillé par le bruit des mobylettes qui marquent le réveil de la ville. Je prends un café au bar du coin. Je me retrouve attablé avec deux chauffeurs auxquels j’explique que j’ai déjà trouvé une voiture avec chauffeur pour me rendre à Hoi An. L’un des deux, qui s’appelle Dung, me raconte qu’il a une copine à Sarcelles, qu’il a 37 ans et, confidence pour confidence, que les seins et la toison des Françaises sont différentes de celle des Vietnamiennes. Il m’encourage à lui envoyer mes copines célibataires parce qu’il est “strong”.
Départ pour le musée Cham qui regroupe des objets de la culture Cham. Un guide me demande si je suis français et me confirme rapidement que cela se voit. Je suis Louis, celui du guide du Routard, dit-il en montrant le guide rangé dans une pochette en plastic. Il ajoute, ce n’est pas la peine de me chercher, je suis là! Allons-y donc. Sa visite est agrémentée d’un quizz auquel on gagne des bonbons. Il y a de fines sculptures qui pour certaines rappellent le style de Borobudur en Indonésie avec les divinités Brahma, Siva, Naga, Garuda et Ganesh. Louis raconte l’histoire de Ganesh dont la tête d’éléphant est symbole d’intelligence. Shiva partit pendant quinze ans loin de sa femme pour mater des rebellions sans savoir que celle-ci était enceinte. A son retour, Shiva voit un beau jeune homme couché devant la maison de sa femme Parvati. De jalousie il tranche la tête du jeune Ghanesh. Parvati obtient qu’il ne meure pas et qu’il aie une tête d’éléphant. J’apprends aussi que le corps du lion symbolise la puissance et le dragon la vertu.
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| la montagne de marbre |
Nous reprenons la route vers Hoi An et nous arrêtons à la montagne de marbre qui est une ancienne île riche en marbre qui regorge de grottes avec des autels pour recueillir des offrandes. Il y a aussi une magnifique pagode à étage. A la fin de la visite, le chauffeur n’est pas là, ni d’ailleurs la voiture qu’il est parti faire réparer. Me voilà donc libre de faire le tour des marchands de souvenirs.
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| Hoi An, bord de la rivière |
Hoi An est petite bourgade charmante et touristique. Je trouve un logement près de la rivière. Il fait 38 degrés, c’est plutôt pesant. Les odeurs du marché au poisson ne sont pas vraiment engageantes. Je commande un chicken rice à la mode vietnamienne dans la pénombre d’une maison traditionnelle. Je poursuis ma visite au hasard des rues et me fait soudain interpeller par un vieillard en français. Diep est un ancien de la Marine. “C’est bien que Chirac soit président, Le Pen pas bon!”. Les Communistes couic, dit-il en faisant le signe de la gorge tranchée. Il me montre des photos de lui avec des touristes de passage. Il les sort d’un sac plastique rangé sous le siège de sa moto. Il me propose ensuite de m’emmener voir en moto les pagodes que je n’ai pas encore vues et de poursuivre jusqu’à la plage de Cao Bai. Nous voilà donc partis et on entre bientôt dans l’enceinte d’une pagode à moto. Les passants avaient l’air de considérer avec bienveillance ce vieillard bavard et intrépide. Le passage à la plage fut aussi une expérience. On aperçoit l’île de Cham à l’horizon, la mer azur et une rangée impeccable de palmiers. La plupart des baigneurs s’immergent jusqu’à mi-buste tandis que les enfants font des pirouettes dans l’eau. Après un moment de marche, la plage devient presque déserte, il n’y a plus que quelques enfants dont certains chassent des méduses qu’ils transpercent avec une tige en bois avant de les faire sécher sur le sable où elles se transforment en une masse translucide et caoutchouteuse. Un peu plus loin, une petite troupe s’escrime à confectionner des boules de sable qu’ils forment en pétrissant du sable humide qu’ils roulent ensuite sur sable sec pour en polir l’extérieur avant de les lancer pour s’amuser de leur désintégration au contact avec le sol. Ils veulent savoir d’où je viens et comment je m’appelle. La plus agée des filles me demande de la photographier.
De retour en ville, je parviens à me séparer de Diep qui ne manque pas d’idées d’endroit où ils pourrait m’amener. Je visite deux tailleurs pour commander une chemise et un pantalon.
Je dîne ensuite dans un restaurant chic d’une salade de boeuf aigre-doux avec céleri et ananas, au milieu d’un jardin près de la rivière. J’ai hâte d’aller dormir pour me rattraper de la nuit précédente trop courte.
24 mai 2002 - MySon
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| les ruines Cham de MySon |
Il faut deux heures en bus pour parvenir aux ruines Cham de MySon situées dans une vallée reculée. Il ne reste plus que des murs en brique fatigués, plus vraiment évocateurs de leur splendeur passée. Le musée de Danang est beaucoup plus instructif à ce sujet. Des cratères béants issus des bombardements américains sur les Viêt-cong qui s’abritaient dans les ruines, défigurent le site.
Retour en bateau avec un déjeuner succinct de riz vapeur accompagné de légumes et de nems. On visite un village de charpentiers spécialisés dans la réalisation de coque de bateau. L’orage qui noircit le ciel ne traversera certainement pas la rivière en revanche la lumière est faible et l’air très humide. Nous visitons ensuite quelques temples et de vieilles maisons tout en bois qui ont un patio. Nous continuons sur la rivière qui sert de voie de communication. Les bateaux sont chargés de vélos, de motos et de cargaisons en tout genre pour le marché.
Je dîne avec un Australien de Perth rencontré aujourd’hui et puis me dirige vers ma chambre. En chemin, je traverse une place et un jeune type assis avec deux autres autour d’une table en plastic me fait signe de les rejoindre. On m’avance un chaise. Bobo est coiffeur. Avec ses copains il boivent un alcool verdâtre, colorée par des herbes médicinales de fabrication artisanale.
Bobo sort ses cartes truquées et fait un numéro, ou plus exactement “son numéro” qu’il va répéter mille fois dans la soirée, avec une fréquence qui augmente avec la quantité d’alcool ingurgitée. L’heure avance et les rues se vident. Bobo est passablement saoul. Arrivent quatre jeunes qui lui glissent un mot à l’oreille. Parmi eux, il y a un type de petite taille avec une coiffure extravagante à la mesure de la méchanceté de son expression. Bobo me dit qu’ils font partie de la mafia locale. Cela me décide à rentrer me coucher. Bobo me demande de l’argent pour l’alcool. Je trouve un billet dans ma poche que je lui donne et je me lève. Il se lève aussi et tente de m’embrasser sur la bouche. Je le repousse en guise d’au-revoir et le laisse à ses fantasmes en hâtant le pas pour aller dormir.
25 mai 2002 - Hué
La pluie a considérablement rafraîchi l’atmosphère. Au petit déjeuner je rencontre Maria, une Suédoise à la trentaine bien entamée qui a aussi prévu d’aller en bus à Hué. Je demande à la réceptionniste et une de ses collègues la faveur de les photographier. Elles rougissent et acceptent à condition que je leur envoie une copie de la photo. Elles posent discrètement devant l’hôtel en ao-dai, le costume traditionnel des femmes au Vietnam. Le bus pour Hué arrive. En route il y a une pause d’un quart d’heure à la montagne de marbre pour achat de souvenirs si besoin est. Le point marquant de la route vers Hué est l’ascension du col de Vai Han qui est noyé dans un rideau de pluie tropicale. Cela rend malheureusement le “fabuleux” paysage de Lang Co beaucoup moins spectaculaire. La pluie nous accompagne de l’autre côté du col jusqu’à Hué. Je loue la première chambre qui me semble correcte. Il pleuvote toujours quand je pars visiter la citadelle pourpre en me dirigeant au hasard des ruelles. Après un assez long détour j’arrive enfin à l’impressionnante citadelle. Le ciel est menaçant. Je croise une famille de touristes vietnamiens avec qui j’échange quelques photos. La mère et la fille portent une ao-dai, l’une grise et l’autre fuchsia qui a beaucoup d’allure. Je croise Maria à nouveau au détour du bassin du pavillon de lecture. Nous convenons d’aller dîner ensemble. En attendant j’ai envie d’aller voir deux lacs à l’ouest de la ville. Je marche assez longtemps et je continue de marcher sans les trouver. Une pluie drue s’abat soudainement. Je finis par abandonner et fais demi tour en m’abritant du mieux possible sous ma cape de vélo et puis finalement je me résigne à rentrer en cyclo-pousse.
Maria est en année sabbatique après deux années passée à Bruxelles à la Commission Européenne. Il pleut encore à verse sur le retour et nous achetons deux capes ajustées en plastique transparent rose et vert très fins. On a l’air d’avoir chacun revêtu un préservatif.
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| Hué, architecture impériale |
26 mai 2002
Sept heure trente. Départ pour une randonnée moto soit-disant mieux que le bateau. Du palais et tombeau de l’empereur Tu-Duc émane une impression de sérénité. Il s’agit d’un grand parc avec des collines plantées de pins et d’eucalyptus. Une grand bassin avec une île et des pavillons sur sa rive. Trois tombeaux et le palais dans lequel je cède au déguisement pour une scéance photo dans le costume de l’empereur vietnamien.
L’endroit paraît imperméable des contingences temporelles. Kai Dinh est un tombeau en béton kitsch dont l’intérieur contient un tombeau recouvert de fragments de porcelaine. Minh Manh, le chauffeur ne l’avait pas prévu, est un autre tombeau sur l’autre rive de la rivière des parfums. Il a encore plus d’atmosphère que Tu Duc. Peu de touristes, un magnifique pavillon à l’intérieur laqué de rouge et de jaune et encadré de dorures. Des jardins ravissants, sans oublier les bonzaïs de frangipaniers. Des arbres imposants en bordure du lac. “La pluie tombe, Sur cette tombe, Drue et fine, Ça ravine”. Et finalement Thien Mu, l’emblème de la ville, cette tour aux toits multiples.
Nous allons ensuite voir le pont japonais, perdu dans les rizières, et qui ressemble à celui de Hoi An, c’est un lieu de culte qui a l’air prisé. Vers 16h, nous nous rendons au marché Dong Ba dont le sol détrempé par les pluies est assez peu engageant. On patauge dans la bouillasse. Les détritus s’amoncellent, prometteur festin nocturne pour les rats des environs! En ce dimanche après-midi on célèbre l’anniversaire de Bouddha et les commerces sont tous ouverts. On vend des tuyaux, du fil, des pièces détachées pour moto, du matériel HiFi en version mastoque, de gigantesques plaques à gaz qui ressemblent à des pares-choc, non chromés et de profil, de vieilles voitures américaines.
Le canal Dong Ba est bordé d’arbres. Son eau est d’un vert intense en dépit des nombreux détritus qui la jonchent. On y croise quelques embarcations légères. Je traverse le canal pour remonter la rue ChiLang qui compte quelques pagodes mais aussi de nombreux cafés populaires où l’on sirote de la bière et du café autour d’une partie de cartes. Les “hello” fusent à mon approche auxquels je réponds de la même façon avec un sourire en prime. On se demande sans doute ce que je fais à pieds dans cette rue.
Un temple Haïnanais ouvre ses portes laquées d’un rouge vif sur un patio peuplé de bonzaïs avec beaucoup de charme. Le soleil pointe timidement son nez tel une lueur de grâce après deux jours de pluie.
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| Hué, la Cité Impériale |
Je vais dîner dans un restaurant spécialisé dans la cuisine impériale. Il est d’ailleurs situé dans le jardin de la tranquillité de la cité impériale. C’est le restaurant de Madame Ha, issue de la famille impériale. Neuf plats au menu, magnifiquement présentés. Il y a le dragon de papaye verte, l’ananas lanterne, le coq porteur de nems etc… Une expérience qui en vaut la peine.
27 mai 2002
Six heures du matin, le soleil semble être disposé à se montrer. Rapide petit déjeuner, le vol de l’après-midi pour Ho Chi Minh City est confirmé. Je profite de l’ensoleillement pour revoir Thien Mu et la citadelle. Une promenade jusqu’à la pagode Bao Quoc m’amène le long de la rivière beaucoup plus riante elle aussi que dans la brume de la veille. Les gens s’y prélassent en terrasse à l’ombre des grands arbres. Les amoureux s’y racontent pudiquement des histoires douces et peut-être enflammées. Le calme règne à la pagode. Elle a été fondée par l’empereur Ming Mang. Deux garçons m’adressent la parole et je réponds en français à leur “bonjour”. Non, je ne suis pas un photographe professionnel en dépit du maniement d’objectifs et de filtres au moment où ils me parlent. L’un deux s’exprime en français couramment et presque sans accent. Ils étudient tous deux à l’ENS dans l’espoir de devenir professeurs. On cause de choses et d’autres: l’utilité des langues étrangères, Singapour, la France, les parents, le but dans la vie… la difficulté à trouver un travail au Vietnam. Ils sont extrêmement courtois et visiblement heureux de pouvoir converser en français avec moi. Rien à voir avec les excentriques du genre de Bobo le coiffeur de Hoi An. J’ai le sentiment que beaucoup les sollicitations spontanées dans la rue sont motivées par mon statut de touriste dont on imagine le porte-monnaie garni.
L’heure du départ pour HCM approche.
Aujourd’hui j’ai oublié de raser ce qui sera peut-être un jour une moustache si elle daigne pousser. Résolution prise une semaine avant d’aller aux Etats Unis où tout un chacun au boulot à une moustache.
Je prends le minibus pour l’aéroport en compagnie d’une jeune Vietnamienne qui vit aux Etats Unis depuis dix ans et qui est revenue rendre visite à sa famille après cinq ans d’absence.
A l’arrivée elle me propose de monter dans son taxi afin que je puisse sortir de l’aéroport et trouver une moto taxi. Elles sont interdites dans l’enceinte de l’aéroport. Je la remercie et lui souhaite plein de bonnes choses pour la suite.
Me voici monté sur une moto, sac au dos. La circulation et le nombre de deux-roues est époustouflant, des milliers sans qu’il y ait trop de problèmes. Je trouve un hôtel modique avec vue sur une infinité de voisins. HCMCity est un gigantesque bric à brac, une juxtaposition de tout et n’importe quoi. Il y a heureusement quelques endroits de verdure pour s’aérer avec de grands arbres. Dans ma rue, il y a un passage en terre battue qui avec la pluie de l’après-midi s’est transformé en bourbier parsemé de détritus en tout genre, restes des marchands ambulants qui abandonnent leur déchets sur le sol.
Un énorme cafard habite ma chambre et je suis content d’avoir pris un drap propre avec moi.
Dans la rue les enfants sont d’une tenacité remarquable pour vendre des babioles aux touristes. La pauvreté s’affiche à même la rue et souvent dans la boue en cette saison.
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| Ho Chi Minh Ville |
28 mai 2002
Après une nuit assez mauvaise, entre l’odeur du vernis du lit et les grincements d’un sommier restituant fidèlement la cadence de ses occupants, je loue les services d’un chauffeur de moto pour la journée avec la précieuse aide d’un Yéménite de passage pour son business d’import-export de café. Le Vietnam est apparemment le deuxième producteur de café après le Brésil.
Départ en fanfare sur la moto au milieu de la circulation dense.
Visite du musée des Beaux-Arts, dans un bâtiment haut en couleur, jaune et blanc. Il y a quelques jolies pièces et une majorité de peinture évocatrices des récents traumatismes de la guerre. Chez un antiquaire, je fais l’acquisition d’une statuette de jade. Dans la rue les klaxons m’achèvent, il me faut un barbecue de boeuf pour me remettre.
Je prends un café à la terrasse d’un établissement du quartier “petit budget” par opposition au centre des affaires non loin de là. Ici on voit des Caucasiens avec ou sans sac à dos. Les marchands de noix de coco défilent sur la chaussée en quête de clients. L'un d’eux s’installe devant le café où je suis assis. Dans sa remorque, il taille la gangue pour ne laisser que l’équivalent d’un crâne qu’il décapitera quand le client viendra. A le voir il ne doit pas gagner beaucoup d’argent, sans doute juste assez pour subsister lui et sa famille.
En fait un peu plus tard, je me dis que ce vendeur de noix de coco n’est peut-être pas si pauvre qu'il en a l'air: je viens de lui en acheter une à prix d’or!







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