le bois de Saint Anne
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| le ciel du bois de Saint Anne |
Je l’avais découvert à dos de poney il y a très longtemps, c’était un jour d’été et il faisait bon sentir la fraîcheur des bois. J’avais été ravi par ce sentier forestier à quelques kilomètres de la maison qui à l’époque était presque toute entourée de champs. Ce sentier forestier m’était apparu comme un antidote à la plaine qui emplissait notre regard chaque jour que nous nous promenions dans les champs avec le chien. Je suis donc retourné souvent dans ce coin du bois de Saint Anne pour faire des joggings ou simplement se promener, pour changer d’air. J’avais remarqué la présence de pins au milieu de ce bois de chênes. De grands pins à l’allure presque méditerranéenne qui conférait au sentier un exotisme tout particulier, un air de vacances dans le Sud à portée de main, surtout les jours de beau temps qui rendait l’écorce des pins particulièrement cuivrée et remarquable et puis il y avait l’odeur de la résine qui m’enchante toujours dans les pinèdes. Un voyage olfactif dira t-on, vers les contrées du Sud et qui avait le don de me mettre de bonne humeur. Puis le sentier a été bloqué par les propriétaires de la parcelle de bois. Propriété privée, réserve de chasse, entrée interdite. Une extrémité du sentier avait même était camouflée et l’autre barrée par un fil de fer.
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| sur le bord du sentier |
Dimanche dernier, me laissant porter par le beau temps et le hasard, j’avais abandonné la route de ma promenade matinale pour bifurquer dans un chemin de terre herbeux qui longe un bois derrière le Plessis vu que la terre était bien sèche. Ravi de quitter l’asphalte de la route pour l’amorti du chiendent, c’était bien agréable d’entendre le chant versatile du rossignol, de constater que les merises n’avait pas gelé cette année et de contempler les acacias en pleine floraison avec leurs grappes de fleurs blanches dont je me demandais si on aurait pu en faire des beignets à l’arôme délicat. Une ouverture dans le bois laissait entrevoir les arbres relativement espacés et bien débroussaillés. Je décidais donc de poursuivre jusqu’au bois de Saint Anne en me disant que peut-être le sentier y serait de nouveau ouvert. Un lièvre batifolait sur le chemin au bord d’un champ de colza dans lequel il finit par disparaître à mon approche. Il m’avait aussi sembler apercevoir une silhouette de chevreuil à l’orée du bois. Sans doute car en approchant on pouvait entendre des bruits de pas légers effleurer les feuilles sèches sur le sol.
En parvenant au début du sentier, rien ne semblait indiquer qu’il soit fermé. Les choses avaient un peu changé. La tignasse des pins n’était plus vraiment fournie en épines et on les distinguait beaucoup moins bien qu’auparavant leur silhouette car d’autres arbres plus jeunes avaient poussé et leur feuillage dissimulait en partie les pins qui trônaient au dessus.
Du crottin sur le sentier, et son odeur acide, me rappela la première fois que j’y avait mis les pieds, la boucle était bouclée.


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