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| le pélerinage de Chartres à son dêmarrage |
Les étendards et les croix s'étaient élancées du parvis parisien de Saint Sulpice après la messe d'ouverture du pèlerinage de Chartres. Plusieurs milliers de jeunes et de moins jeunes avaient pour projet de rejoindre Chartres à pieds, 100km en trois jours. Je rencontrais cette foule le samedi matin du weekend de Pentecôte sur l'avenue du Général Leclerc et de Denfert Rochereau en allant vers le jardin du Luxembourg. L'ambiance, par ce beau matin presque estival, était empreinte de ferveur et de joie. Et d'enthousiasme aussi. Oui l'enthousiasme des premiers kilomètres, celui qui précède les ampoules des marcheurs sans expérience de leurs chaussures. Beaucoup de scouts en short ou leurs équivalents, représentants de leurs paroisses "saint xxx", venus de France et d'ailleurs, de Suisse, d'Allemagne, de Bavière. Les chants et les prières s'élevaient sans ostentation sur le macadam parisien. Deux filles radieuses sur le trottoir de l'avenue Denfert-Rochereau m'informent qu'elles se rendent à Chartres à pied. Est ce que je ne veux pas venir aussi, demande l'une d'elle ? J'y vais demain, en guise de réponse, omettant de décrire mon projet d'y aller en train avant de parcourir la vallée du Loir à vélo jusque Vendôme et Crucheray. Elles semblent surprises et satisfaites de ma réponse. La Bavière affichait ses couleurs quand je passais à Port Royal, laissant les croix pour le monde le néo-classique du jardin des Grands Explorateurs.
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| détail de la Cathédrale de Chartres |
Dimanche matin le TER pour Le Mans qui dessert Chartres et Rambouillet était plein comme un œuf, les places pour vélos étaient chères par ce beau temps. Atmosphère décontractée. J'apprends d'un Espagnol, coureur de marathons aux yeux gris, qui discute avec un couple franco-anglais, cyclistes aussi, qu'il est amoureux de la langue française à cause de Proust. Proust qui a vécu un moment à Illiers-Combray, qui se situe à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Chartres et qui se trouve être le point de rencontre entre la Véloscénie, la piste cyclable qui mène au Mont Saint-Michel et celle de la Vallée du Loir, autrement dit mon itinéraire du jour. Proust est toujours à l'honneur avec sa maison devenue musée et le pré Catelan qui était son jardin.
A Chartres, la plupart des vélos sont descendus, la ville est encore ensommeillée. Pourtant les premiers touristes se promènent autour de la cathédrale. 10h20, il est temps de passer aux choses sérieuses. Je rejoins la piste cyclable en empruntant une rue en pente jusqu'aux bords de l'Eure.
Retrouvailles avec la randonnée cycliste au long cours le temps d'une journée, le plaisir de parcourir les kilomètres en glissant sur le bitume. Le temps est idéal et le vent modéré. Je suis content de mes nouveaux pneus plus fins qui offrent moins de frottement en roulant et permettent d'aller plus vite à moindre effort. Les champs verdoyent à travers la Beauce. Illiers-Combray vers midi. Encore trop tôt pour faire une pause.
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| les bords du Loir, à la sortie de Bonneval |
Je rejoins les bords du Loir jusqu'à Bonneval. La place autour de l'église est un peu animée, les terrasses ont quelques clients ce qui me semble propice à un Perrier et un en-cas pour ce kilomètre 57. Le soleil est chaud maintenant, je fait le tour du centre ville et passe devant le château à la façade en échiquier qui a été reconverti en centre hospitalier. Devant, le parking est rempli de camping-cars. On y déjeune. A la sortie de Bonneval on traverse une forêt à l'ombre rafraîchissante et puis les bords du Loir près de Jupeau qui sont aménagés avec une prairie et des tables de picnic. Les amateurs de verdure et de soleil s'y prélassent affichant maillots de bain colorés sur des transats en plein soleil. Chateaudun se montre à l'horizon à contre-jour avec son château d'eau et la tour de son château. Prochain cap, la ville de Cloyes et entre-temps un passage étouffant sur le coteau au milieu des blés au dessus de Saint Denis les ponts.
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| le château de Montigny le Gannelon |
Puis on replonge le long du Loir pour apercevoir le château de Montigny le Gannelon à la façade mi-pierre mi-brique avant d'entrer dans Cloyes. Puis vient un passage à l'ombre du côteau rive gauche, avec le moulin de Saint Jean et une série de jardins privés où l'on vient pour pêcher ou pour un picnic. Encore une montée sur le côteau en plein soleil au milieu de maïs encore petits qui ponctuent l'ocre de la terre en pointillé. Kilomètre 100. Je me persuade qu'une autre pause serait la bienvenue à Morée. Deuxième en-cas vers 15h sur un banc à l'ombre. Fréteval fait suite à Morée quasiment immédiatement.
Les escapades sur les coteaux sont terminées. Viennent Saint Firmin des prés, Meslay, Areines et puis Vendôme. Je m'offre un petit détour par le centre ville pour voir la Trinité, la tour Saint Martin et la porte Saint Georges. Plus que quelques kilomètres avant d'arriver à Crucheray dans la chaleur silencieuse de l'après midi. 133 kilomètres. Journée bien remplie!
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| la Tour Saint Jacques et la Trinité de Vendôme |
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